Invités : Marco Boubille & Virginie Lalucq Paris, juillet 2012. Le panneau contamine l’espace de son interdiction. Or on ne connaît ni la nature ni précisément les limites de cet espace : à proximité d’un jardin pour enfants et à quelques mètres de l’entrée d’un théâtre, on ne fait que le traverser. Alors jusqu’où va l’interdit, quel en est le point ultime, où commence-t-il ? Au sol ? Dans les airs ? Que vise-t-il ? Un ballon, une danse, un vélo, une bonne blague. Ce petit panneau rouge, situé en ...
L’invité du vendredi : Julie Fen-Chong Two roads diverged in a yellow wood, And sorry I could not travel both. (Robert Frost) Ce qui m’a le plus étonnée et charmée au pays du roi Arthur, c’est non seulement la langue et par conséquent la toponymie « Betws-y-coed » (à prononcer bet us y cod), « Dolgellau » (dolgeslau), mais surtout la manière avec laquelle les britanniques rédigent les guides de randonnée : « Go over the stile and then half RIGHT across a field to a gap in a wall, about 50 yards ahead. Continue through this ...
L’invitée du vendredi : Emma Reel Paris, mai 2010. Elles s’appellent Sophie, Judy-Rose, Leang, Alexandra… ou parfois, une seule lettre, un D, un M, un E. A moins que ce ne soit eux, devenus X, Y, Z, qui parfois laissent leurs prénoms: Kevin, Mathieu, Carlos. Et aussi des idéogrammes, illisibles pour la passante. Entre les signatures, le symbole universel de l’addition fusionnelle: Alban + Sarah, Mike + Rosa, ritournelle… Curieusement, pas de couple gay visible. Certains cadenas portent le dessin d’un cœur ou une trace de lipstick, et les promesses d’un ...
L’invité du vendredi : Nathalie Crowley Dublin, mai 2010. C’est un joli après-midi de juin à Dublin et j’aime bien passer par Drumcondra, un quartier résidentiel et tranquille où se trouve le ‘Bishop Palace’ nommé ainsi avec une certaine révérence teintée d’ironie par les locaux. Aujourd’hui je suis avec mon fils et quand nous arrivons sur l’avenue principale, un drôle de spectacle nous attend : des centaines de chaussures d’enfants accrochées aux alentours du portail de l’évêque. Bizarrement, on dirait une installation d’art contemporain. Notre première réaction est de sourire à la ...
L’invité du vendredi : Etienne Bellan-Huchery Paris, février 2010. En matière de discours sur le sport, la métaphore guerrière est omniprésente. Elle est très souvent utilisée, dans la presse spécialisée en particulier, jusqu’à devenir un élément banal du langage sportif. Comme toute métaphore surexploitée, elle perd de son efficacité au point de ne plus provoquer aucune réaction chez celui qui la subit, en l’occurrence ici, le Parisien qui lit une publicité en se promenant sur les Champs-Élysées. Pourquoi mettre en parallèle deux mondes qui n’ont a priori pas la même ...
L’invité du vendredi : Matthieu Potte-Bonneville Paris, 22 avril 2010. C’est un dispositif à plusieurs mains : la première, parentale, inscrit sur le coupon de droite le moment de l’absence, hésitant parfois lorsque celle-ci n’aura duré qu’une heure, tant répéter la même date, du…, au…, laisse l’étrange impression d’une disparition instantanée. Elle y adjoint un bref motif, gastro, retard de bus, réunion familiale (entendre ici une fête, mais les familles font plus sérieux). Une autre main surveillante, plus tard, emportera le coupon vers d’improbables registres, reportant les indications qui s’y trouvent ...
L’invité du vendredi : Gérôme Truc Madrid, 11 mars 2009. Il y a tout juste six ans, le 11 mars 2004, avaient lieu à Madrid les attentats les plus meurtriers de l’histoire de l’Espagne et de l’Europe. En réaction, des millions de personnes sortirent dans les rues espagnoles et des milliers d’autres leur firent écho dans les principales villes européennes. L’expression de cette émotion collective prit comme épicentre la gare d’Atocha, envahie pendant plusieurs mois par des milliers de bougies, de fleurs, d’objets divers et de messages en tout genre : ...
L’invité du vendredi : Didier Torny Drôme. Été 2005. Si les marques de l’activité humaine sont presque toujours présentes dans les espaces dits naturels (routes, champs, enclos), les traces écrites se font rares. Les quelques habitants de ces lieux n’en ont que peu besoin, contrairement aux voyageurs urbains, pas toujours équipés d’inscriptions portatives tels que les systèmes de géolicalisation. A chaque type de panneau ses usagers : les indications de chemin de randonnée pour les piétons ou les cavaliers, les panneaux routiers pour les voyageurs à moteurs. Les cyclistes, suivant leur ...
L’invitée du vendredi : Giovanna Sonda (Université de Trento, Italie) London, May 2009. The red line of the London tube crosses the underground city all over the six zones in which the metropolitan transport system is divided. It passes through the very centre of London and connects the north-east suburb with the north-west one. This is more or less what you can grasp only by looking at the map. It may be enough to plan your journey, but if you are asking yourself which kind of people you are going ...
L’invitée du vendredi : Émilie Notteghem Besançon. Septembre 2009. À la faveur d’une station dans une sandwicherie du centre ville bisontin, décorée d’éléments de cuisine à l’ancienne, des petits papiers suspendus dans un cadre de recettes attirent l’œil. La diversité de leurs dimensions, de leur facture, et des formats d’écriture laissent supposer une installation postérieure à l’accrochage de l’objet décoratif et un usage exogène. « cherche prince charmant pour une nuit » : les papiers ne sont pas les recettes escomptées mais des annonces matrimoniales spontanées, hors des lieux et ...