ISSN : 2266-6060

Sports d’hiver

Neuchâtel, février 2010.

La neige est tombée en quantité et ils ont pris leurs réservations depuis des mois. C’est le grand jour. Après avoir fait leurs bagages, ils doivent franchir une dernière étape avant de glisser sur la neige : atteindre la gare dans les délais, affronter la foule des grands départs et, malgré l’encombrement des bagages, se faufiler jusqu’au bon wagon.

Pour réaliser ce parcours du combattant, ils mobilisent tout en ensemble de ressources scripturales. Tout d’abord, ils regardent l’horaire exact de leur train qui figure sur leur billet imprimé ou électronique. Une fois en gare, ils hésitent ensuite devant les écrans indiquant les arrivées puis se dirigent vers le grand panneau qui affiche les destinations, les horaires et le quai de départ. Ce n’est pas toujours aisé : il y a tellement de monde qu’ils doivent être en mesure de lire à distance tout en évitant d’être bousculés ou de se faire voler leurs affaires posées momentanément à leurs pieds. Enfin, ils suivent les panneaux en direction du quai. Sans l’alignement de ces petits éléments graphiques, difficile d’aller du hall de gare jusqu’au quai.

Le temps presse. Outre l’horaire qu’il faut respecter pour partir, ils cherchent à être les premiers à s’installer : entre les bagages, les skis et les gros blousons, les places de rangement sont chères dans le wagon. Aussi ils savent qu’une fois sur le quai, ils devront regarder une dernière fois leur billet de train pour vérifier le numéro du wagon et de leur place assise. Mais surprise : le panneau d’affichage recommande de ne pas monter. En même temps, aucun train n’est à quai…