ISSN : 2266-6060

Ceci n’est pas une bâche…

Paris, janvier 2010.

Dans la vie quotidienne, on inscrit rarement sur la chose le mot ; ainsi, préfère-t-on écrire le nom de la marque qui l’a produit en série : Renault 4 plutôt que Voiture… Il y a bien sûr des exceptions, comme par exemple dans nos cuisines, les ingrédients farine, café, sel et sucre sont généralement contenus dans un récipient le précisant. Il arrive qu’on multiplie ces étiquettes pour aider ceux qui ne maîtrisent pas pour une raison ou une autre les mots et les choses, et l’étiquetage dans nos univers domestiques devient systématique lorsqu’on perd la mémoire. Pensez au grand carton sur l’armoire sur lequel a été écrit « Bottes noires ». Depuis quelques années la mode est aussi au tee shirt sur lequel est inscrite une qualité : « sexy girl », « superman »… Nombre d’objets sont vendus désormais avec écrit en grosses lettres capitales, de préférence en anglais, ce qu’ils sont : Box, mais aussi Poubelle, News… Nos appartements ressemblent ainsi parfois à des imagiers grandeurs réels.

Le monde du travail afin d’être performant multiplie cette pratique. Ici, sur le tournage d’un film, parmi le matériel technique, ce gros sac avec en grand ces 5 lettres dessinées grâce à de l’adhésif orange. Il est vrai qu’il vaut mieux ne pas avoir à déplier la bâche de 12 m2 pour savoir que c’est une bâche ! L’écriture comme rempart à l’action inutile.