ISSN : 2266-6060

Position assise

Centre-ville, Rio-de-Janeiro. Octobre 2009.

Les historiens ont des manies : lorsqu’ils voyagent ils ne peuvent s’empêcher de lire les plaques commémoratives, d’entrer dans tous les musées jugeant « intéressantes » leur visite, de fouiner dans les librairies d’occasion ou de visiter des fonds d’archives et des bibliothèques anciennes ou ultra-modernes. Parcourir ces lieux de l’écrit nous excite ! Il y aurait un atlas des lieux de l’écrit à dresser. Ne râter pas celle baroque de Prague ou de St Gall, passer une heure dans celle de l’Université de San Diego, faites le détour par celle de l’abbaye d’Ardenne ou la bibliothèque Schelcher à Fort-de-France.
Dans ce Writing Fan Tour, la bibliothèque portugaise, située dans le centre-ville de Rio, à quelques mètres du marché central appelé Sahara, occupe à coup sûr une belle place. Non pas comme le disait l’un de mes collègues brésiliens parce que les européens en faisant la conquête du Nouveau monde ont tué beaucoup d’indiens mais ont importé l’écrit (comme Cl. Levi-Strauss le croyait en arrivant), non pour la beauté de cette cathédrale de livres, mais pour le petit mobilier qu’il contient : depuis des siècles, des dispositifs de lecture ont été inventés, certains très raffinés d’autres beaucoup plus simples. À chaque fois, offrir au lettré la possibilité de lire un ouvrage sans être dérangé. Le siège et la table sont en bibliothèque bien plus importants que l’architecture extérieure… deux logiques s’affrontent : la table commune ou le secrétaire personnel. Il arrive même qu’on puisse obtenir pour le visionnage d’un microfilm une cabine individuelle comme dans les peep-show.