ISSN : 2266-6060

À l’amiable, épisode 2

Clamart, novembre 2009.

L’autre soir, dans la rue éblouie des innombrables sources d’éclairages publics et privés, l’écriture commune du constat avait réussi à accomplir un repli. Le monde avait cessé de fuir dans toutes les directions et tu avais senti que tu te liais, avec assurance, au véhicule qui t’avait percuté, à son conducteur et à tout ce qui allait avec (son permis de conduire, son adresse, le nom de la compagnie qui le couvrait, son numéro d’immatriculation).
 Quelques jours plus tard, le mouvement des écrits a repris en sens inverse, comme un reflux. L’objet graphique initial, composé à deux, associé à deux appels téléphoniques, a déclenché une petite marée d’écrits nouveaux dont seule une infime partie est parvenue jusqu’à toi.
 Tu les connais, ces personnes qui ouvrent, traitent et vérifient des dossiers, tu sais la délicatesse et la puissance de leur travail pourtant si mal reconnu. C’est lui qui alimente la liquidité fragile des infrastructures scripturales de nos vies.