ISSN : 2266-6060

Petit bonheur

Levallois. Novembre 2009.

La visite en famille de l’exposition dédiée au graffiti à la Fondation Cartier a été un moment précieux pour mettre à l’épreuve les cadres de la moralité parentale. Les questions chez les uns et chez les autres ont été nombreuses et variées, selon les âges et les interlocuteurs. Toutes tournaient néanmoins autour de cet étrange paradoxe qui nous faisait admirer des écritures que l’on s’accordait à trouver magnifiques mais qui étaient pourtant illicites. L’un des plus jeunes avait demandé une chose touchante devant les photos de trains new-yorkais couverts d’inscriptions colorées. On pourra y aller dans un train comme ça un jour, papa ? Tu sais, il n’y en a plus beaucoup, c’est très rare maintenant.
Et voilà qu’à peine quelques jours plus tard, l’adulte en question se trouve face à cette rame de métro. Et, même si les graffitis qui la recouvrent en partie ne sont pas d’une grande maîtrise, il ressent un petit quelque chose. Il sourit en s’installant et pense au jour où ses enfants pourront connaître ce petit bonheur, imagine leurs regards ravis. Si éloigné de cet état que l’on nome le sentiment d’insécurité, au nom duquel aujourd’hui tout est effacé. Presque tout.